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Compte rendu de notre visite "L’eau potable hier et aujourd’hui-

mercredi 21 octobre 2015

Lors d’une promenade sous un beau soleil dans le quartier Saint Esprit, Sophie et Isabelle, nos guides, nous ont fait découvrir le parcours de l’eau potable hier et aujourd’hui de la source à la fontaine.

Après avoir remonté la rue Maubec nous sommes arrivés à l’« OELH DE LA HOUN  ».

Cet « œil de la Houn » correspond à la « sortie » de la source qui alimente aujourd’hui le lavoir restauré. Depuis bien longtemps « on n’entend plus le batillon des laveuses » ni leurs babillages, même si certains jours on peut y rencontrer une ménagère venue y laver son linge.

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Lavoir sur le site de "l’Oelh de la Houn"

Achille Millien (1838-1927)

« C’est ici, du matin au soir,
Que par la langue et le battoir
On lessive toute la ville.
On parle haut, on tape fort,
Le battoir bat, la langue mord !
Pour être une laveuse habile,
Il faut prouver devant témoins
Que le battoir est très agile,
Que la langue ne l’est pas moins. »

Autrefois, cette source alimentait également la fontaine de la Place de la République.

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Fontaine de la place de la République

Durant des siècles, les habitants du faubourg et de la ville puisaient l’eau à cette fontaine.

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En 1860, la municipalité fait élever autour de cette source une simple fontaine en pierre blanche. Elle se compose d’un bassin hexagonal au centre duquel s’élève une colonne monolithe surmontée d’un vase de fleurs.
Elle est alimentée depuis 1894 par l’eau de l’Ursuya, et non plus par la source. On capta les sources de l’Ursuya pour les conduire à travers 20km de canalisations,dès lors les fontaines publiques se multiplièrent. Bien vite à Bayonne cette eau fût acheminée à domicile.
Depuis1924 la Régie des Eaux distribue l’eau à Bayonne.

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L’an prochain, la fontaine de la Place de la République devrait être réhabilitée, ainsi que celle du Pilori, derrière la cathédrale)

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Fontaine Pilori
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Fontaine de la place de la République 2015

La Ville de Bayonne a entrepris avec la Régie des eaux de rénover les fontaines de la cité, voire d’en créer de toutes pièces.
La première d’entre elles, placée square Bergeret, a été inaugurée à la fin du mois de juin. Nommée « Ur Bai » (oui à l’eau), elle est la première d’une série d’une trentaine de fontaines qui vont être mises en place à l’avenir.

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Fontaine Publique "Ur Bai" square Bergeret

La fontaine du square Bergeret a été conçue avec le concours d’artisans de la région.

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Fontaine Publique "Ur Bai" square Bergeret

Le projet vise aussi à rénover les fontaines historiques afin de leur rendre « leurs fonctions premières », explique Serge Arcouet, délégué à l’eau et aux fontaines à la mairie de Bayonne et membre d’APROSIM, qui nous avait fait le plaisir de nous accompagner lors de cette visite.
Serge Arcouet nous a rappelé qu’à Bayonne l’eau distribuée est de l’eau de source, donc d’une pureté irréprochable. La commune s’est approvisionnée au loin. Car si Bayonne est construite au bord de l’eau, voire sur l’eau, cette eau saumâtre n’a jamais pu désaltérer sa population. Dès 1894 on capta l’eau des sources du massif de l’Ursuya pour la conduire vers Bayonne. Aujourd’hui, pour un tiers, l’eau de Bayonne provient du massif de l’Ursuya. Elle alimente plutôt les quartiers anciens.

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Source de l’Ursuya

Le reste des 4 millions de mètres cubes d’eau de source que la Ville prélève chaque année provient du captage du Laxia, non loin d’Itxassou. Soit, à une vingtaine de kilomètres.

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Captage du Laxia
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Captage du Laxia

Les moulins à marée : La présence de l’eau a contribué à l’essor économique de Bayonne.

C’est au XII ème siècle, en Occident que le moulin à marée, utilisant le reflux de la marée descendante, connaît son développement le plus important.
A Bayonne en 1120-1125 sont construits des moulins à marée dont nous pouvons encore voir un vestige rue Sainte Catherine.
Ces moulins ne fonctionnaient qu’à marée descendante et pour moudre le grain seulement car une telle intermittence n’était pas adaptée pour les usages industriels. A Bayonne ces moulins étaient à roue horizontale.

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Emplacement d’un ancien moulin à marée.

Bain rituel juif ou Mikvé

A Bayonne dans le faubourg Saint-Esprit subsiste au premier étage d’une ancienne maison particulière un bain rituel juif ou Mikvé. Ces bains sont attestés par des textes depuis 1752, date de la reconstruction du groupe de maisons dans lequel ils sont placés, mais si ces maisons n’ont été que remaniées, ils peuvent être très antérieurs.
On pense que le bain était alimenté par l’eau de pluie et celle d’une source de la colline voisine, dite « du fort » qui domine le faubourg.
La salle du Mikvé est spacieuse. Le bain lui-même se compose d’une piscine destinée aux ablutions de 1,34 m de profondeur, munie de cinq marches, et d’un « bor » ou réservoir d’eau. Les deux bassins mitoyens visibles dans la maison de la place de la République avaient été creusés dans le sol. Ils témoignent de l’histoire de ce quartier Saint-Esprit, sur la rive droite de l’Adour, marqué par la présence des familles juives hispano-portugaises qui s’y établirent à partir du début du XVIe siècle.
Le bain juif, dit mikhva ou mikvé, servait à des rites de purification des personnes et des objets et obéissait à des règles précises de construction. « Le bassin doit être creusé à même le sol ou construit sur place. L’eau du mikvé doit être naturelle (pluie, nappe phréatique ou source), ce qui signifie qu’elle ne doit être ni puisée ni amenée par des canalisations.
Le mikvé de Bayonne n’est pas, pour le moment, accessible au public.

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Bain rituel juif ou Mikvé
Mieux connaître Bayonne pour mieux la protéger

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